10.10.2006

Même pas mort

Oulà, oula, ça s'accélère. Dans le bus pour Asilah, rencontré Mustafa et Jallal, 20 et 17 ans respectifs, partis cherché du taf à Tanger, en vain. Après partie de derbouka/guitare sur la plage, ils m'invitent chez eux à Sidi Yahia Gherb, non loin de Kenitra. Asilah est superbe medinah pas trop envahie par les envahisseurs armés d'appareils photos. Rencontré un vieux briscard qui vend instruments de musique de touriste mais qui garde les siens dans l'arrière boutique, il taquine un peu pleins d'instruments, étant donné que c'était son boulot durant sa folle jeunesse

guembri : une basse à 3 cordes tendu sur un caisson en bois et peau de chèvre, utilisé dans le gnawa

Qarqabou : les castagnettes métalliques qui mettent en transe, gnawa aussi

Oud :le sien était beau, avec des finitions chiadés et tout, et un vieux bois qui envoie

des flûtes bizarres accordés en open nashville malgache, c'est avec quelques unes d'entre elles que les mecs de la place Jeema el-fna (Marrakech) font se trémousser des reptiles en piteux état, je les ai examiné cet après midi même.

A Asilah, donc, le camping où rencontré Hassan (policier) et Layla sa femme (infirmière) qui habitent et officient à Fès il m'ont appris le rami et j'ai même gagné, une fois, à la fin. Layla connait Toulouse, Besançon et Paris pour y avoir fait des stages. Mangé mon premier délicieux melon, les premièrs figues qui tuent la race, gouté une fin de tajine qui transcende la morale en bouleversant les esprits.

Sur la plage, cotoyé un drôle de gars finalement très chouette qui tente de se lancer dans le tourisme en louant les appartements laissé par la famille. Il compte un peu sur moi pour lui faire la publicité alors je m'acquitte de ma tâche :

ALLEZ DORMIR cHEZ HAMED C'EST TROP BIEN, IL eST MARRANT, MAIS N'ABUSEZ PAS DU KIF QU'IL OFFRE SANS DICERNEMENT.

Après une nuit de camping délicate (essayez de vous déshabiller dans une tente sarcophage où est stocké une guitare et un grand sac de voyage), je retrouve Les 2 zigues qui m'accompagnent jusqu'à chez eux. Le problème c'est qu'ils n'ont pas d'argent et qu'ils attendent de me mettre devant le guichet pour me le faire comprendre. Comme c'est pas trop cher, je le paie et alors c'est délicat parce qu'ils veulent toujours porter mes affaires et je n'aime pas ça, on dirait la colonisation. On arrive chez eux et je suis accuielli par leur famille, je vais pas décrire tout le monde parce que ils sont 11 frêres et soeurs. Abdellatif parle le français, il est la fierté, il est contrôleur aeronautique, payé : 300 euros le mois... un des frêres est Mohammed, mécanicien dans l'aviation militaire et musicien dans un orchestre. Je le tanne pour aller voir ce qu'ils font et le lendemain, vers 13 heures, je me déhanche à côté du clavier, j'ai jamais vu un mariage aussi animé et dansant. Comme tout le monde bouge sans inhibition (faut dire qu'ils ont tous un sens du rythme qu'envirait de nombreux batteurs français), ça déteint sur moi et pouf, trala zim boum tchikitchi. Et pis rencontré des cousins, des beaux parents, tant que je n'arrive plus à manger ce qui m'est gracieusement offert, que les repas deviennent presque une épreuve où il me faut honorer le plat gigantesque. Spécial dédicace à Jallal qui, à 17 ans, sait réparer les camions, bondit souplement comme un gymnaste, est un batteur carré, dessine pas mal, s'est fait prencre en Espagne alors qu'il tentait l'Europe caché dans un camion de tissu. Et son ami avec une voix exceptionnel, qui chante quelques trucs en hindi. Il y a encore des tas d'autre choses comme les mésaventures d'Abdelaziz qui éleve des poules dans un coin infesté de serpents mangeurs d'oeufs...Puis je m'en alli vers Casablancaz où je fut recevi comme un roi par Brahim l'ami percussioniste de Toulouse, dans un cabanon à 50 m de la plage. Durant 5 jours, on a progressé à la guitare. Maintenant, je suis dans un cybercafé dans la médina de Marrkech, demain je louerais un vélo pour faire vroum partout.

I'm a poor lonesome french boy

Il n'y a pas d'exemple qu'on ai jeté du poulet froid

Tiens, le 22 Septembre, ça veut dire que ça n'est pas raisonnable. Je
ne suis pas tombé du train reliant Zouérat à Nouadhibou, je ne me suis
pas complétement lyophilisé lors de ce voyage avec le maure
déguinguandé qui a raté le départ lorsqu'il était allé cherché de
l'eau avec ma lampe de poche. Mais j'était tout noir, avec de belles
cernes dans le wagon de minerai. Il fallut s'arracher aux chauffeurs
qui s'engueulent pour mes oughyas, et font finalement tomber les prix
d'un voyage de retour à Dakhla. Un voyage courbé sur une roue de
secours coincé entre 5 jeunes et 3 mamas. Ensuite, tentative de
nettoyage de vetements, cafés et long trajet de bus aux pieds qui
gonflent. Mirleft, j'y zone en vélo, tout seul avec quelques
interventions de Larsen qui m'emmene à la montagne. On va voir sa tante, à 2 sur une mobylette poussive. Comme notre poids additionné éteind le moteur dans les montés, on se les tapent alternativement à pieds. Ca rythme le trajet. Mon premier tajine autonome est une réussite.
Du repos, et la lecture de tout ce qui traine chez Raymond, du bon comme du moins bon : "Un peu plus loin sur la droite" de Fred VARGAS, "J'ai 15 ans et je ne veux pas mourir" de Christine ARNOTHY, "Ma part d'ombre" James ELLROY. Avec Larsen, on s'est juré de trouver un film qu'il aimerait bien revoir : le dernier samouraï" avec Tom Crouze qui fait le malin avec une fausse panoplie de guerrier japonais. C'est sûrement pas un chef d'oeuvre mais c'est une mission palpitante, de magasin en magasin de VCD. Dans la maison, la nuit, il y a le gecko qui fonce vers la cachette la plus proche. On le voit partout : en allumant le chauffe eau, en pissant, en ouvrant le frigo. Il se nourrit de quantités d'insectes qui rampe sur les murs blancs. En échange, il a le droit de suspendre ses crottes noires aussi, mais immobiles et silencieuses. On gagne quand même au change. Ce matin en montant les escaliers, il y a un serpent gris au motifs rouges qui s'est vite planqué dans une rainure de porte coulissante. J'y touche pas parce que je vais pas l'écraser en faisant le brutal pis je sais pas vraiment ce que c'est comme espèce. La maison de Raymond elle est bien.
Bon aller je prends mon billet de retour demain, à Tiznit.
A bientôt à tout le monde et je demande à ceux à qui je peux être d'une quelconque utilité, de m'excuser d'un manque de raisonnabilité, je rentre vite.
PS : l'oblet du message c'est une phrase qui m'a plu dans "Un peu plus loin sur la droite". Le polar est marrant y a un enquêteur qui a un crapaud commun de compagnie.

L'homme qui marche en dansant

A l'hotel Menata, on trouve :
- un grand allemand avec des rastas blonds hirsutes parce que constitués en fait de cheveux longs pas entretenus. Il sera surnommé en wolof : l'homme aux cheveux de bouc. Il parle bien l'arabe, il se fait des amis à tour de bras le salopard. C'est avec lui que je suis allé à Rosso, ville frontière qui possède une fesse mauritanienne et une autre Sénégalaise. Etudiant en physique et philosophie, il débat avec Brahim (magasinier dans une entreprise agro-alimentaire) sur la situation économique et sociale de l'Afrique. Le mec est le plus voyageur que j'ai rencontré : Pakistan, Afghanistan, Turquie, Syrie, Guinée Conakry, Sénégal, Inde, pfou...il revient pour la 3e fois en Guinée conakry qu'il préfère.
- Un "artiste plasticien" de Paris qui finance son voyage de 2 ans en envoyant des dessins à ses abonnés : 65 français qui lui fournissent chacun 10 euros par mois. Il a eu du mal à se détacher du Maroc qu'il a parcouru 5 mois.
-Des mecs assez prétentieux qui bossent pour une société d'audit téléphonique, je sais pas ce qu'ils mettent derrière, en tout cas ils en parle de leur boite comme si j'allais m'ébahir devant son nom prononcé. Tellement ébahi d'ailleurs que j'ai oublié.
- Un français grisonnant tout sec à l'air mélancolique qui se trimballe en 4x4 jusqu'en Centrafrique.
Sur le chemin de Rosso, on a rencontré le Brahim cité plus haut. Il se dit optimiste pour l'avenir de la Mauritanie, d'où un débat animé durant les 2h30 de voyage. Il nous emmene dans un village à 2 km de la ville, où je me suis cru au Sénégal. Au bord d'un marigot, des habitations carrés lézardés devant lesquelles on prend le thé. Mangé un super tajine au chameau, un plat du sénégal au poisson dont j'ai pas retenu le nom, et un plat spaghetti/poulet avec une sauce qui fait la différence. Je me méfie fortement des moustiques étant donné que j'suis pas vacciné contre la fièvre jaune ni pourvu de traitements anti palu. Une tellement pleine lune cette nuit là qu'on y voyait clair comme sous un réverbère. Il y a des poulets, des chèvres et des chats qui circulent un peu partout. C'est reposant de Nouakchott et ses zombies-taxis R12 qui roulent avec souvent des objets long en bois ou en ferraille qui dépasse de la fenêtre de beaucoup trop près de ton crâne. En plus il y a des p'tits oiseaux bleus, rouges, jaunes à tête noir, qui respectivement gazouille, trucluctent et flipamoillent, de la verdure et des petits nenfants vifs.
Au retour, je contacte Tof qui est accoudé au comptoir d'un bar où il y a du muscadet, plein comme un wagon de minerai de fer. Il me conseille d'aller discuter avec le gros monsieur à barbe blanche et lunettes qui sirote des bière avec une plantureuse fille. Effectivement, le gonze est prospecteur minier, il est d'origine belge bien qu'il soit né en Afrique, il a foré dans tous les pays Africains excepté la Guinée Equatoriale et le Nigéria. Il m'a raconté les pratiques pas belles des compagnies minièrs d'Afrique du Sud qui rejettent les déchets aurifères (plein d'arsenic pour séparer les particules d'or) dans des bassins à peines impérméabilisés, la tactique d'exploitation forestière abusives dans les pays avoisinant en laissant de côtés ses propres reserves territoriales pour imposer ses prix quand les bois se feront rares, et plein d'autres choses révoltantes dégeulasses qu'il a vu. Bref un afro pessimiste en puissance. Il a repondu à ma curiosité sur l'assassinat de Lumumba, de Thomas Sankara (si ça vous dit, allez taper ces noms sur Wikipedia) et m'a donné sa version de l'assassinat de Philippe Dedieuleveult (présentateur à succès de La chasse au trésor et membre de la DGSE) qu'il a rencontré peu avant sa mort au Zaîre. C'était presque comme l'émission de Monsieur X sur France Culture (sauf que Mr X il sent pas l'alcool).
Aller me coucher, fatigue. Je comptais partir demain pour Atar et Zouerat mais il y a eu une sacré tempête à Nouadibou, et le train de minérai que je comptais prendre a eu un petit accident. Flûte.
PS : l'objet du message, c'est le surnom qu'on m'a refilé au côté de mon ami le grand bouc teuton.

Lentilles et taxi frousse

C'est la croisé des chemingz (et du câillou qui cri dans la câbane du pêcheur), le moment ou je décide d'entamer mon retour en passant par Atar, Chinguetti, Choum puis Nouadibo (dernier trajet mauritanien qui devrait se faire à bord du plus long train du monde, chargé de minerais et de passagers endoloris), le moment où je dois m'excuser platement auprès du CLAE qui m'attendait alors que je passait la frontière mauritanienne, où je dois me repentir de ne pas avoir prévenu un luthier marocain qui attendait un achat conséquent à Marrakech. Je n'espère pas rattraper le coup, seulement donner des maigres explications aux personnes concernées.
Autrement, j'ai vraiment le sentiment d'être en Afrique, et que mes destinations marocaines furent bien occidentales. C'est sûrement parce que je vois enfin des gens tout noirs, dont on ne voit qu'une paire d'yeux éclatants dans l'obscurité de la nuit incertaine et maudite, ah miséricorde caca prout. Les quelques contacts que j'ai eu avec des maures arabo berbères ne m'ont pas vraiment plu : le pourri qui a réussi à "coincer" Tof pour l'obliger à lui vendre sa voiture, les mecs qui nous harcèle pour changer nos dirhams en oughya à des taux tellement pas intéressant que s'en est un manque de respect, les 2 types qui ont braqués au couteau un Tof solitaire dans un coin de pénombre nocturne. Et une hordes de conducteurs sans scrupules nom de d'là. Mis à part ça, j'ai quand même pu rigoler avec des chouettes mecs qui oubliaient provisoirement leur portefeuille. Et pis les wolofs, peuls, maures haratins (anciens esclaves donc souvent noirs aussi) que j'ai croisé m'ont paru moins arrogants. 60 % de mes paroles journalières sont des salutations : salut ça va, et la famille ? et les affaires ? et l'oncle du beau frêre ? ça va ? Dieu merci. Si vous voulez de l'ambiance, regardez le match France/Italie à la vitrine du magasin Samsung accompagné d'une trentaine d'africains. Pour tout dire, 2 de ces types arrivent même à chauffer la salle en regardant les chiffres et lettres (vécu au resto où je mange invariablement des lentilles).
Amadou de l'hotel où je pionce est vraiment chouette, il s'occupe de tenir le magasin de l'étblissement, et il palabre de ses conquêtes féminines, de son attitude "saï saï"(devinez ce que ça signifie) quand il fréquente la Maison des Jeunes, de ses méthodes d'approches et de la suite des évenements. Ce que je préfère, c'est qu'il travaille depuis un certain temps à produire le même regard que Denzel Washington (acteur américain beau gosse), il me l'a dit lui même. L'expression qu'il a à ce moment là est indescriptible. Je DOIS le prendre en photo. Je lui troquerais demain cette faveur contre un cours de guitare.
Et il y a d'autres choses comme le sentiment du passager d'un taxi dont un cardan se déboite à pleine vitesse.
Et il vécut posément sans avoir eu d'enfant, étant donné qu'il y en a plein qui galère dans la rue.
PS : vu une enseigne indiquant un téléphone "pibluque", terrible.

Un chti détour par...Nouakchott

Et bien j'ai fais un truc pas raisonnable, j'ai suivi Tof, un technicien du Royal de Luxe qui va voir son frêre qui bosse pour une société pétrolière allemande, opération pétrole sans nourriture et tout ça. Ca fait 2 jours qu'on roule de 5h30 à 20h00, à 120 kmh sur une belle route goudronnée toute droite. A droite du sable, à gauche du sable et devant parfois aussi, le vent souffle des nappes irisées qui bouchent le filtre à air, alors on a trouvé un bas collant pour épargner le moteur et nos bouteilles d'eau parce que il fait pas bon tomber en rade au milieu du tronçon Nouadhibou/Nouakchott. Heureusement j'ai fait le con et j'ai enfilé le reste du collant sur ma gueule et j'ai pris des photos. La seule cassette qu'on avait c'est une cassette "mégazone" sur laquelle est enregistré du Bob Marley. On a du s'arreter pour en acheter une autre, c'est plus tenable à partir de la 8e répétition. Comme la nouvelle cassette était un truc choisi au pif et pas terrible, on est vite retourné à la rastaman vibration qui rythme quand même bien le désert du sahara occidental. Tof m'a dit qu'il comptait vendre sa voiture pour rentrer à Nantes en Avion, il est habitué du trajet qu'il avait l'habitude de faire lorsque les km qu'on a avalé à fond la caisse n'était encore qu'une piste sableuse ô combien vibratoire. Comment vendre sa caisse en Mauritanie en 2 leçons : arretez vous au premier poste frontière,
faites vous harceler par l'agent de douane, qui ne vous fera entrer que si vous vendez la bagnole à un mystérieux "frêre qui est un grand électricien".
"vous vendez la voiture ?" c'est la formule de salutation adressé à tout toubab qui arrive en caisse. Fatigue. m'en va dormir dans cette ville zarbi qu'est Nouakchott. On dit que la nuit porte conseil, faut que je réfléchisse a comment rentrer un jour en France, nan ? paske si j'avais les anti paludéens et les sous adéquats et ben...

A la recherche du barlel au amlou perdu

Et l'eau imaginaire coula dans l'Oued desséché, on crêve de chaud dehors.
Alors, depouis Essaouira et les étiquettes des bocaux à épices de Hafid,
Notre personnage à constaté des évolutions. Il a même pris une douche.Dabord,le déclancheur d'une nouvelle vitesse de croisière : incroyable. Il y a 8 mois a peu près, j'ai hébergé un marocain de mon âge rencontré à Mix'art Myrys (feu le squatt rue de Metz): Baderedine qui s'était enfui de région parisienne pour échapper à une mystérieuse embrouille de drogue (Evita tu te rappelles, il avait un comportement un peu bizarre des fois). nous nous étions séparé à la fac du Mirail et plus de nouvelle ensuite. Et ben, qui je vois débarquer à la boutique de Hafid, accompagné d'une jolie franco-Laotienne ? Il va mieux, il visite les membres de sa famille qui ont une situation plutôt confortable à Marrakech et Essaouira. Il m'a proposer d'aller à Ta-Fadna, un village de pêcheur entre Essaouira et Agadir. C'est là qu'il passait ses vacances étant môme. Les rares touristes y sont marocains issues des villes qui veulent se reposer pas cher. Il y a des berbères qui chantent des chansons algériennes "engagées", contre du Brassens qu'il ne connaissait pas. Ils aiment beaucoup "demain" des Fabulous Troubadors, ils l'ont enregistré sur leur portable même. On a loué une planche de body surf, un petit truc rectangulaire qui racle l'abdomen mais j'ai à peu près compris le fonctionnement du surf. une petite randonné que mes compagnons ont entrepris en claquettes, ils s'en sont mordu les doigts (de pieds). Va marcher sur la falaise pleine d'épineux et de lézards peu connus. Toujours du Tajine qui tue la mort. Ont m'a expliquer en direct l'élaboration du Tajine de poisson, mais ça va être balaise de trouver de bonnes sardines à Toulouse, p't'être.
Le problème c'est que la conjoncture du couple Baderedine/Melissa n'est pas favorable. Je dois parfois les laisser s'engueuler comme du poisson bien frais. Après, retour à Essaouira, où j'envoie un colis (mention spéciale Evita, si jamais le facteur de pointe, tu peux le prendre, il y a 1 litre d'huile d'argan pour vous). Attendant le bus dans une épicerie, je sympathise avec le sosie marocain de Jean Reno jeune. Il m'amène chez ces potes de Casablanca et on a fait les cons (j'ai des preuves), ça fait du bien. Arrivé nuitamment à Agadir, au camping caillouteux, mes piquets de tentes ne ressemblent plus à rien. et les voisins sont des Marrakchis qui ont passé le mois installé ici. 4 tentes énormes, l'électricité, la télé, la chaine et le kit du supporter du Futbol club de Barcelona. Un entrepreneur immobilier, un dessinateur de bâtiment, un menuisier et pis l'autre j'ai oublié. Pas de voyage sans embrouille de passport. Lors de mon départ pour Tiznit, mon pass est oublié au camping donc aller/retour nocturne en grand taxi, bouhou. Maintenant je suis à Mirleft chez Raymond Kajak qui est arrivé hier de Ramonville. Le maçon avec qui il bosse pour sa maison est encore une fois d'une gentillesse désarmante : c'est Larcen qui a 27 ans, il est achement bon en plomberie/maçonnnerie/électricité. Il m'a dit que j'aurais droit à un Travail Pratique personnalisé. Tout à l'heure il y a des gens chouettes qui bossent au Royal de Luxe qui sont arrivé. ensuite direction le cybercafé et poum voilà. Pas vu de serpents, seulement des lézards tellement rapides que j'abandonne.
Bientôt Taliouine et Aouerst, ah mais.

Essaouira

Le vélo que j'avais ne fit pas vroum, mais plutôt kruikrui. Ca n'empeche pas de passer les vitesses. De toute façons,Marrakech c'est plat.

Résumé des épisodes précédents :

après avoir terrassé un énorme couscous, dominé une meute de tajines aux pruneaux
(les plus dangereux) à mains nues, notre héros s'apprête à marcher dans des endroits en
constatant des choses
.

Episode 2435 bis :

Avant toute chose, si vous voulez savoir quels
types de reptiles et d'amphibiens se
trémoussent au Maroc, aller voir
http://www.geres-asso.org/amphibiens_et_reptiles_du_maroc.html
http://geres-asso.org/photos.html (le diaporama reptile vaut le coup)
Il y a même Philippe Geniez (herpetologue) qui a fait tourné un film documentaire dont
vous pouvez voir des extraits écailleux épatant sur
http://www.reptilesmaroc.com/fr/reptiles_extraits_videos_accueil_france.htm

Souvent discuté avec les aissaoua (caste de charmeur de serpents) de la place Jeema el fna,
ils entendent les arguments proposés, mais je vois pas vraiment quelle autre métier ils
pourraient faire. Un genre d'écotourisme p't'etre mais qui n'interesse pas assez de gens pour
être rentable. Adios los reptilos. Stressés toutes la journé pour gigoter devant le badaud, on
leur casse les dents pour annuler le danger. Alors ils ont des infections buccales qui leur donne
des gueules de travioles. On leur prete 2 mois de survivance en moyenne.
C'est bien triste mais il y a quand même d'autres priorités que les bestioles.
Marrakech c'est hallucinant la nuit. Sur la grand place, il y a des conteurs marabout qui font
des pseudo demonstrations scientifiques avec mannequin en plâtre àl'appui. Je comprends rien
paske c'est l'arabe, mais ils ont des yeux fous en s'adressant à l'assemblée. Tout ça dans un
nuage de grillades,de vapeur d'escargots, avec les percus gnawas en fond sonore.
Ca met dans un état second, on dirait un flim.
Encore tenté ma chance au cinéma, c'était une production indienne sous titré en arabe.
Le titre : opération chocolat.
Je suis parti un peu avant la fin mais c'était rigolo.
Ca se passe à Londres. Les personnages sont surtout :
-un avocat dans le vent, élu man of the year dans les magazines et tout. Comme il est
présenté comme le prototype du brillant avocat londonien, il s'appelle Krishna Pundit.
Il ressemble à Alain tonton (que je salue au passage).
-Un groupe de musique trop top fashion avec les cheveux bien permanentés, qui sont bons
avec du succès même si le guitariste il double'achement mal le jeu de guitare. Des fois la
chanteuse qui est sexy groovy danse,et alors, souvent, la canalisation d'eau la plus proche
éclate, donc ses habits mouillés révèlent ses formes généreuses. Ils sont tous intelligents parce
que le guitariste est un hacker qui a accès aux data granted, le clavieriste est un portraitiste
de rue,le batteur j'ai oublié. Il y a aussi celui dont la haute fonction est de régler le potard
du volume sur la console de mixage. Lui est beau avec une coupe vraiment très très bien
permanantée, il aime réparer sa harley davidson qu'il gare dans on salon. La chanteuse,
comme c'est une fille, est serveuse dans un café où tout le monde est amoureux d'elle et
voudrait bien être son copain.
-Le mieux,c'est les méchants. Ils sont tellement méchants qu'ils sont russes, les pauvres.
Je crois avoir compris qu'ils exploitent la chanteuse humide (qui n'a jamais le temps de secher
entre 2 chansons). Ils ont des chaines en or, ils sont gros avec des doubles mentons, des
cigares et des filles aux moeurs légères. Quand soudain ils sont fusillés et explosent dans
une voiture piégée.
Pourquoi le film s'appelle opération chocolat ? le mystère reste entier.

J'aurais rencontré plusieurs toulousains, dont un éduc spé qui a bien bourlingué partout,un
couple qui habite pas très loin,on s'est dit qu'on se recontacte la bas pour se préparer des
faux thés à la menthe ratés.
Je veux juste parler d'Essaouira, que j'aime beaucoup. La ville est parcourable à pied il y a
des commerçants et des artisans qui aime parler de ce qu'ils font. Une belle médina blanchi
à la chaux comme d'antan. Je loge chez 3 frêres :
-Hassan est sans doute l'ainé. Il a longtemps vécu à Agadir,juste après le tremblement de terre
qui a rasé la ville. Il est bien marrant, il me demande de jouer hotel california qu'il chante.
Mais il n'a plus de dents alors ça sonne comme ça sonne. Il est franc et direct :
"Tom,donne moi le fric, je dois acheter le shit", je m'acquitte donc des mes 75 dirhams
(7,5 euros) journaliers, pour la nuit.
-Mohammed est pêcheur. il a 42 ans et encore quelques dents.Il me parle de son métier, du
port, des poissons qu'on trouve par là, des requins au large (requins mako et rousettes surtout),
de la fabrication des gembri (il fait la peau du cou du chameau, il faut le bois d'acajou ou
de peuplier, il vaut mieux que la caisse de résonnance soit d'une pièce massive).
-Afid (mais je suis pas sur de l'othographe) travaille le bois de tuya. C'est une essence
menacée, mais qui sens bon et se sculpte bien.
Je pourrais encore causer des épices que j'ai découvert avec un autre Afid, dans son
magasin aux étiquettes terribles,vendant des préparations "contre le gzima",
"contre les zalfte", "thé a la mante".
Le maroc c'est terrible.