Même pas mort
Oulà, oula, ça s'accélère. Dans le bus pour Asilah, rencontré Mustafa et Jallal, 20 et 17 ans respectifs, partis cherché du taf à Tanger, en vain. Après partie de derbouka/guitare sur la plage, ils m'invitent chez eux à Sidi Yahia Gherb, non loin de Kenitra. Asilah est superbe medinah pas trop envahie par les envahisseurs armés d'appareils photos. Rencontré un vieux briscard qui vend instruments de musique de touriste mais qui garde les siens dans l'arrière boutique, il taquine un peu pleins d'instruments, étant donné que c'était son boulot durant sa folle jeunesse
guembri : une basse à 3 cordes tendu sur un caisson en bois et peau de chèvre, utilisé dans le gnawa
Qarqabou : les castagnettes métalliques qui mettent en transe, gnawa aussi
Oud :le sien était beau, avec des finitions chiadés et tout, et un vieux bois qui envoie
des flûtes bizarres accordés en open nashville malgache, c'est avec quelques unes d'entre elles que les mecs de la place Jeema el-fna (Marrakech) font se trémousser des reptiles en piteux état, je les ai examiné cet après midi même.
A Asilah, donc, le camping où rencontré Hassan (policier) et Layla sa femme (infirmière) qui habitent et officient à Fès il m'ont appris le rami et j'ai même gagné, une fois, à la fin. Layla connait Toulouse, Besançon et Paris pour y avoir fait des stages. Mangé mon premier délicieux melon, les premièrs figues qui tuent la race, gouté une fin de tajine qui transcende la morale en bouleversant les esprits.
Sur la plage, cotoyé un drôle de gars finalement très chouette qui tente de se lancer dans le tourisme en louant les appartements laissé par la famille. Il compte un peu sur moi pour lui faire la publicité alors je m'acquitte de ma tâche :
ALLEZ DORMIR cHEZ HAMED C'EST TROP BIEN, IL eST MARRANT, MAIS N'ABUSEZ PAS DU KIF QU'IL OFFRE SANS DICERNEMENT.
Après une nuit de camping délicate (essayez de vous déshabiller dans une tente sarcophage où est stocké une guitare et un grand sac de voyage), je retrouve Les 2 zigues qui m'accompagnent jusqu'à chez eux. Le problème c'est qu'ils n'ont pas d'argent et qu'ils attendent de me mettre devant le guichet pour me le faire comprendre. Comme c'est pas trop cher, je le paie et alors c'est délicat parce qu'ils veulent toujours porter mes affaires et je n'aime pas ça, on dirait la colonisation. On arrive chez eux et je suis accuielli par leur famille, je vais pas décrire tout le monde parce que ils sont 11 frêres et soeurs. Abdellatif parle le français, il est la fierté, il est contrôleur aeronautique, payé : 300 euros le mois... un des frêres est Mohammed, mécanicien dans l'aviation militaire et musicien dans un orchestre. Je le tanne pour aller voir ce qu'ils font et le lendemain, vers 13 heures, je me déhanche à côté du clavier, j'ai jamais vu un mariage aussi animé et dansant. Comme tout le monde bouge sans inhibition (faut dire qu'ils ont tous un sens du rythme qu'envirait de nombreux batteurs français), ça déteint sur moi et pouf, trala zim boum tchikitchi. Et pis rencontré des cousins, des beaux parents, tant que je n'arrive plus à manger ce qui m'est gracieusement offert, que les repas deviennent presque une épreuve où il me faut honorer le plat gigantesque. Spécial dédicace à Jallal qui, à 17 ans, sait réparer les camions, bondit souplement comme un gymnaste, est un batteur carré, dessine pas mal, s'est fait prencre en Espagne alors qu'il tentait l'Europe caché dans un camion de tissu. Et son ami avec une voix exceptionnel, qui chante quelques trucs en hindi. Il y a encore des tas d'autre choses comme les mésaventures d'Abdelaziz qui éleve des poules dans un coin infesté de serpents mangeurs d'oeufs...Puis je m'en alli vers Casablancaz où je fut recevi comme un roi par Brahim l'ami percussioniste de Toulouse, dans un cabanon à
I'm a poor lonesome french boy
